VÉRITÉ, LIBERTÉ, SÉCURITÉ

Aujourd’hui liberté et sécurité s’entrechoquent dans le monde physique.  Les deux se phagocytent : plus de liberté compromet la sécurité, et un surcroît de sécurité amoindrit la liberté. Pourtant Benjamin Franklin disait la chose suivante :« Un peuple prêt à sacrifier un peu de sa liberté pour un peu de sécurité, ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux » Benjamin Franklin

On se sent en sécurité quand on est tous enfermé chez, soi, qu’on porte un masque. Mais on n’est pas libre. On se sent libre quand on flâne dans la rue jusque tard le soir, qu’on s’agglutine dans des restaurants, des salles de spectacle, mais on se sent en danger. A cause d’un virus, de terroristes, d’agresseurs du quotidien.

Mais plus profondément qu’est-ce que la sécurité ? C’est manger des friandises entre les repas par peur d’avoir faim. C’est zapper sur les réseaux sociaux et essayer de faire du buzz avec des contenus frivoles par peur d’être oublié, pour essayer d’exister. C’est faire la fête sans rien célébrer, par peur d’être seul, et de se coucher. C’est coucher avec elle ou lui sans connaître son prénom par peur de passer à côté de quelque chose. C’est chercher à engranger un maximum d’argent pour se sentir en sécurité et puissant : c’est le pouvoir d’achat. C’est dépenser excessivement pour suivre des modes, qui nous rassurent car on fait comme les autres.

Ces sécurités sont superficielles. Elles ne durent pas, elles satisfont mais ne rendent pas heureux. Ces fausses sécurités appellent à toujours plus, et ne comblent jamais. Elles rendent esclaves et privent ainsi de liberté.

Mais qu’est-ce que la liberté ? L’écrivain André Gide disait : « il nous faut retrouver le sens de la liberté : la liberté n’est pas la liberté de tout faire, mais la possibilité de faire ce qui est bon pour moi. Ainsi la liberté implique en elle-même un renoncement, un deuil. Ainsi être libre, c’est sortir de cette alternative, de ces possibilités infinies pour choisir le Bien qui me construit. » Dans ce sens Raoul Follereau s’exclamait « Attention ! la liberté n’est pas une bonne à tout faire qu’on peut exploiter impunément, ni un paravent mirobolant derrière lequel se gonflent de fétides ambitions. » Dietrich Bonhoefer disait quant à lui : « Si tu pars à la recherche de la liberté, apprends avant tout la discipline de tes sens et de ton âme. […] Personne ne sonde le mystère de la liberté, si ce n’est dans la discipline. » « La liberté commence où l’ignorance s’arrête » déclarait Victor Hugo.

Ainsi la liberté n’est pas un chemin de facilité, de plaisirs infinis, synonyme d’indécision. La liberté se travaille, se construit, se mérite. Elle demande une sagesse, une discipline. Une sagesse pour savoir ce qui est bon, ce qui ne l’est pas, discipline et force, pour passer à l’action.

Cela va même plus loin, la liberté prend toute sa mesure avec la Vérité. « La Vérité vous rendra libre » proclamait Saint Paul. Mais qu’est-ce que la Vérité, avec un grand V ? La Vérité c’est savoir et agir comme si les idolâtries du monde moderne – orgueil, Mamon, luxure, gourmandise, et tant d’autres – étaient vaines, et enchaînent.  C’est vivre délesté de toutes ces chaînes, des inclinations naturelles de la chair et de l’esprit, en sachant que la mort n’est qu’un passage jusqu’au pays de l’Eternelle Jeunesse où accueillis par le Père nous ressusciterons. Et cela change tout.  Pour cela il faut la foi.

La vraie raison pour laquelle l’homme n’est pas libre. La raison pour laquelle, il se munit de fausses sécurités, la voici : parce que la mort lui semble définitive, et qu’il essaie de prendre un maximum tout de suite, ce que peut lui offrir la vie, pour profiter. C’est cela, profiter de la vie.

Avec la foi, on change de paradigme : Dieu a promis la vie éternelle pour ceux qui feront sa volonté. Pour cela il faut le mériter en se sanctifiant. On sait que Dieu nous exhorte à vivre selon l’Esprit : charité, la joie, la paix, la patience, la mansuétude, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance.  Cela induit un renoncement des convoitises de la chair : débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, meurtres, colère, envie, divisions, sectarismes, rivalités, orgies et beuveries et tous les excès du même genre. En ayant en tête les biens du Ciel, on relativise les biens éphémères de la Terre. 

Ainsi, il ne suffit pas d’abattre les miradors, de déposer les armes, ou ouvrir les prisons pour acquérir la liberté tant chérie et proclamée.  Encore faut-il ne tomber dans ses mirages.

Gabor

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